Tableau inspiré d'une scène décrite dans l'oeuvre éponyme du romancier russe Fyodor Mikhaïlovitch Dostoyevsky. Il s'agit ici d'un second état pour cette huile sur toile dont la première version date de 2009.
Longtemps et inconsciemment il erra à travers les rues, les ruelles pleines de gens et les places vides, et parvint à un endroit complètement désert, sans maisons et où s'étendaient des champs jaunissants. Le calme mortel du lieu, en lui donnant une sensation nouvelle ou dès longtemps oubliée, le rappela à lui. La journée était sèche, il gelait : un véritable octobre pétersbourgeois. A quelque distance, on voyait une izba, tout auprès deux meules de foin ; un petit cheval crépu, la tête basse et la lèvre pendante, se tenait, dételé, près d'une charrette et semblait méditer. Un chien de garde, en grondant, rongeait un os auprès d'une roue cassée. Un enfant de trois ans, vêtu seulement d'une chemise, en grattant sa tête blonde et touffue, considérait avec étonnement le citadin égaré dans ces parages. Derrière l'izba s'étendaient des champs et des potagers. Au bout des cieux bleus, des bois sombres ; du côté opposé accouraient des nuages de neige amoncelées : on eût dit qu'ils chassaient devant eux des bandes d'oiseaux migrateurs, sans cri, et l'un après l'autre enfilant le ciel. Tout était empreint d'une tristesse solennelle, tout souffrait de la secrète et navrante venue de la nuit...